Des raisons d’y croire

«La Direction peut accorder un appui pédagogique ou dédoubler la classe pour l’enseignement des activités créatrices, de l’économie familiale et de l’informatique dès 16 élèves»: tel est le libellé de l’Art. 51 du règlement d’application de la loi scolaire. Il suscite toujours le débat du côté des associations professionnelles.

 

Suite à de nombreuses interventions de la SPFF, à plusieurs courriers et à notre résolution de septembre dernier, nous avons été reçus le 28 mars par M. Stern (chef de service de l’enseignement francophone) et M. Maag (chef de service alémanique). De nouvelles discussions ont donc eu lieu au sujet de ce fameux Art. 51 qui entrera en vigueur au 1er août 2019.

La formulation potestative

La classe sera-t-elle dédoublée à partir de seize élèves ou le «peut» signifie qu’il y aura des démarches à entreprendre ou des critères précis à remplir? La formulation potestative, terme juridique, est là pour que la Direction de l’instruction publique, de la culture et du sport (DICS) puisse garder une certaine marge de manoeuvre ou de précaution. On veut se protéger de problèmes pouvant survenir, principalement financiers ou organisationnels. Dès lors, le principe appliqué sera le dédoublement des classes à partir de seize élèves, sans procédure particulière, sans restriction. Ainsi, l’ouverture d’une classe primaire aura toujours comme coefficient 1,1 équivalent plein temps. De plus, les classes de soutien ne devraient pas être concernées par cet article.

De la qualité dans les Arts

Parallèlement à la mise en oeuvre de cet article, il y a lieu de s’interroger sur la qualité de l’enseignement des Arts dans nos classes, en particulier les activités créatrices. La volonté politique de ne plus former des spécialistes dans ce domaine n’est pas sans conséquences. On a des forces, mais aussi des faiblesses et les risques de voir cet enseignement en pâtir sont réels. C’est pourquoi, du côté de la DICS, on a déjà pris les devants. Un groupe de travail formé de conseillers/ ères pédagogiques et d’enseignant-e-s planchent sur la réorganisation du pilotage de ces disciplines. Il s’agit de définir et de développer les axes sur lesquels il faut travailler: prévention, moyens d’enseignements, infrastructures, accompagnement et soutien. On veut aller dans le sens de la créativité et d’un changement de paradigme qui permette à chaque enfant de s’épanouir tout en s’appuyant sur le Plan d’études romand. Cela pose aussi la question de la formation donnée à la HEP. En effet, la formation continue n’est pas uniquement là pour combler les manques… Celle-ci doit être, le cas échéant, reconnue en termes de crédits, elle doit être certifiante. Les besoins du terrain sont réels et la qualité de l’enseignement dépend d’une solide formation de base de généraliste, d’un accompagnement de qualité et d’une formation continue (obligatoire ou facultative) répondant aux attentes.

La sécurité

La SPFF a soulevé souvent le problème de la sécurité pour une classe de quinze élèves qui utilisent divers outils ou machines. Ce souci est général et un élément fort de réflexion. Des consignes devront être données aussi bien aux enseignants qu’aux communes. On planche sur les équipements des salles ACT ou ACM afin de répondre aux besoins et aux attentes de l’institution. Des recommandations claires devraient être données, car on ne pourra remplir les objectifs que si des conditions-cadres correctes sont mises en place et des procédures de sécurité édictées.

Pour conclure

Moyens d’enseignement, formation initiale et continue, prévention et sécurité, équipements de qualité, évaluation des changements et réflexion globale sont les défis à relever en parallèle à l’introduction de cet Art. 51. Nous avons quelques bonnes raisons d’y croire, mais cela prendra du temps, beaucoup de temps.

 

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