À la quête du Graal

Début mars, le Conseil d’État nous représentait son nouveau projet d’ordonnance relative à l’évaluation des prestations du personnel de l’État (PERSEVAL). Après la consultation de la première version, autant dire que rien ou presque n’a changé…

La déception est toujours de mise dans les rangs de la FEDE ainsi que pour toutes les associations membres, en particulier les enseignants, qui s’attendaient à mieux. Quelques retouches, quelques ajustements, mais le fond reste le même, contesté et contestable.

Afin d’avoir des témoignages et une idée plus objective du fonctionnement du système proposé, une délégation de la FEDE a rencontré la Direction de l’Établissement cantonal des assurances sociales (ECAS), unité pilote pour la mise en place de PERSEVAL. Il en ressort plusieurs points intéressants:

– La mise en place du système dépend beaucoup de la compétence des cadres. Tous les cadres de l’ECAS ont suivi une formation de deux jours. Tous les nouveaux cadres sont coachés par leur supérieur lorsqu’ils effectuent les premiers entretiens d’évaluation.

– À l’ECAS, la situation est idéale avec par exemple des livrables qui sont mesurables et l’évaluation qui porte sur de petites équipes de 4 à 5 personnes. De plus, la clientèle, fragilisée, favorise la culture de l’empathie et la nécessité du lien social.

– Un autre facteur de succès est l’état d’esprit avec lequel le système est mis en place. À l’ECAS, on se côtoie tous les jours. Les critères d’évaluation sont connus longtemps à l’avance, sont les mêmes pour tous les collaborateurs et discutés par un groupe de travail.

– Sachant que la durée d’un entretien se situe entre une heure et une heure et demie, hors préparation, avec une petite équipe, on peut se permettre d’étaler les évaluations dans le temps ce qui sera impossible dans la plupart des établissements scolaires qui comptent plusieurs dizaines d’enseignantes et enseignants.

– Le personnel a, dès le début, été associé à la définition du système et à sa mise en place. Sachant que le système d’évaluation du personnel enseignant (ENSEVAL) sera directement applicable en fonction de PERSEVAL, il subsiste de nombreuses inconnues. Les éléments de réflexion obtenus à l’ECAS nous laissent dubitatifs quant à la transposition d’un tel système dans nos établissements. De plus, deux autres points noirs subsistent:

– La notation globale de l’évaluation se décline toujours sur quatre niveaux, c’est-à dire que le A+ (dépasse les attentes) subsiste. Peu utilisé par l’ECAS, cette notation reste plus que subjective et oriente tout le système vers une méritocratie que nous ne voulons pas. Nous suggérons de relever les performances d’un collaborateur particulièrement méritant dans une remarque en fin de formulaire.

– L’interdiction stricte de la présence d’un-e mandataire professionnel-le ou d’un-e représentant-e syndical-e pour tous les entretiens n’est pas acceptable. Cette disposition va à l’encontre du droit fondamental de pouvoir se faire assister et doit être adaptée.

 

Dès lors, les associations professionnelles refusent toujours d’entrer en matière sur ce projet d’ordonnance. En collaboration avec le SSP, nous discutons pour lancer une pétition pour revoir les points qui fâchent ci-dessus et aussi demander avec insistance que le système ENSEVAL soit construit et une nouvelle fois discuté avec les partenaires sociaux, quant à son contenu, sa faisabilité et son implémentation. La quête du Graal est encore longue…

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