2026 : ne pas perdre le nord !

Janvier ressemble souvent à un départ en randonnée : le sac est plein de bonnes intentions, l’horizon est encore dégagé, on avance avec envie. Les vœux échangés, les projets esquissés, tout semble possible. Puis, en levant les yeux, le ciel s’assombrit. L’actualité s’impose, escarpée : luttes sociales, crises humanitaires et identitaires, conflits en tout genre. Pour nos élèves, exposé·es en continu à ce flot d’informations, l’ascension peut vite devenir éprouvante. Sans repères, sans pauses, la marche fatigue, l’inquiétude s’installe, et il devient difficile de se projeter sereinement vers l’avenir.

Face à ce constat, notre rôle éducatif est essentiel. Il ne s’agit ni de nier la réalité ni de s’en protéger par l’ignorance, mais d’accompagner les élèves pour qu’ils·elles puissent la comprendre, la questionner et la mettre à distance. Développer l’esprit critique, apprendre à trier l’information, à en analyser les sources, à replacer les faits dans leur contexte, c’est offrir des repères solides dans un monde mouvant. C’est aussi un moyen puissant de lutter contre l’angoisse et le sentiment d’impuissance.

Cette mission ne peut se penser sans une relation maitres-élèves fondée sur la confiance et l’écoute. Donner le droit de dire ses inquiétudes, de poser des questions, de douter, tout en guidant vers la réflexion et la nuance, participe à faire de l’école un lieu de protection autant que d’émancipation. Plus que jamais, enseigner, c’est aider à se préserver pour mieux comprendre.

C’est dans cet esprit que je formule mes vœux pour 2026. Puisse cette année nous permettre de continuer à équiper les élèves pour la marche : leur donner des cartes pour mieux lire le paysage, des outils pour alléger le sac d’informations inutiles, et une boussole pour garder le cap malgré les détours. Puissions-nous aussi aménager des temps de pause, d’échange et de dialogue, où l’on reprend son souffle et où l’on apprend ensemble. Je nous souhaite une année faite de lucidité sans découragement, de chemins exigeants mais porteurs de sens, et la conviction partagée que l’éducation reste l’un des meilleurs moyens d’aider les jeunes à avancer, confiant·es, vers les sommets qu’ils·elles choisiront.

Je nous souhaite enfin une année où l’esprit critique rime avec sérénité, où la lucidité n’exclut pas l’espérance, et où l’éducation demeure, plus que jamais, une promesse d’avenir. Bonne année 2026 !

David Rey, président du SER