SAEN: Lorsque les préoccupations du terrain poussent à l’action

Un peu partout dans nos écoles, et particulièrement à la suite des années Covi d, on constate une augmentation des comportements difficiles chez les jeunes élèves. Depuis des mois, ce sujet revenait sans cesse dans les discussions de la salle d es maitres. Jusqu’au jour où un groupe d’enseignant·es de la Côte a décidé de passer à l’action et de convoquer une séance extraordinaire pour en parler.

Cette rencontre, organisée en juin dernier, a permis de constater à quel point plusieurs de nos collègues se sentaient épuisé·es et découragé·es à la fin de l’année scolaire. Et de réaliser que cette problématique est indépendante de l’expérience professionnelle des personnes concernées. Jeunes ou aguerri·es, tous et toutes sont désarmé·es lorsqu’il faut tenter de maintenir une ambiance de classe propice aux apprentissages, tout en essayant de contenir les comportements ingérables de deux ou trois élèves fortement perturbant·es.

La décision d’agir a été prise. Un groupe de personnes motivées s’est constitué en collectif et a commencé la collecte de témoignages individuels d’enseignant·es touché·es par ce phénomène. Au moment de leur réception, ces textes ont été anonymisés pour protéger les adultes et les élèves concerné·es. En parallèle, les membres du collectif ont commencé la rédaction d’une lettre aux autorités, pour les appeler à réagir et à soutenir les personnes touchées.

Au mois de novembre, lors de la Journée syndicale du SAEN, deux membres du collectif ont expliqué la démarche aux membres du syndicat, en les appelant à soutenir ce mouvement s’ils·elles se sentaient concerné·es. Dès le lendemain, plusieurs journalistes ont relayé ces inquiétudes dans la presse écrite, à la radio, puis à la télévision.

Début décembre, quatre membres du collectif sont montées au Château de Neuchâtel, invitées par les autorités cantonales (Crystel Graf, DFFI) afin de discuter de cette problématique avec le SEO, l’EORéN, la direction la Côte et le SAEN. Les discussions ont été intenses, marquées parfois par de l’émotion, mais constructives. Les difficultés rencontrées en classe ont été expliquées, les mesures déjà prises détaillées et les propositions d’amélioration citées dans la lettre du collectif ont été exposées. Les personnes présentes ont décidé d’un commun accord de poursuivre ensemble la recherche de solutions concrètes dès le début de l’année 2026.

Toutes les personnes impliquées sont heureuses du développement positif de cette action menée à partir des préoccupations du terrain. Cela a demandé de réels efforts au collectif et de nombreuses heures de travail pour collecter les témoignages, puis rédiger l’appel aux autorités. Mais ce n’est que le début ! Cela doit, dans un proche avenir, amener un changement réel et perceptible dans la manière de gérer ce genre de situation de manière appropriée et collective dans toutes nos écoles.

Agissez, vous aussi ! Écrivez au collectif et au SAEN pour partager votre témoignage. Mieux encore, organisez vous-même une action dans votre école pour que cette problématique de gestion de classes et d’élèves difficiles soit prise en compte de manière prioritaire par votre direction et que des solutions soient développées dans chaque école.

Découvrez ci-dessous le courrier adressé aux autorités. Nous vous tiendrons au courant des suites de cette action syndicale de terrain.

Pierre-Alain Porret, président du SAEN

collectif_lacote@outlook.com – pierre-alain.porret@saen.ch