Sortir de l’ambiance anxiogène ambiante grâce à l’éthique du soin !
Dans notre environnement politique et social angoissant, encore plus palpable depuis le 20 janvier dernier, la notion de bienveillance et de tolérance devrait prendre une place importante dans notre quotidien.
C’est une artiste biennoise qui m’a éclairée dans ce domaine. Dans ses œuvres, le care ressort en images et en émotions. C’est un évènement peu agréable qui a déclenché la présente réflexion pour moi. Après quelques recherches, j’ai cristallisé plusieurs éléments qui se marient au monde de l’école. En extrapolant un peu, on pourrait également l’adapter au monde des adultes et du travail.
Adopter une posture bienveillante et empathique
Le concept de care a été développé dans les années 1980, notamment par la philosophe et psychologue américaine Carol Gilligan. Elle met en avant une éthique du care, fondée sur la relation, l’empathie et la responsabilité envers autrui. Le care désigne ainsi toutes les activités qui visent à répondre aux besoins d’autrui, qu’il s’agisse de soins médicaux, d’éducation, d’accompagnement ou d’aide dans la vie quotidienne.
L’éducation bienveillante et l’attention portée aux émotions des élèves relèvent d’une approche du care. L’éthique du care insiste sur l’interdépendance et la vulnérabilité de chacun. Ce n’est pas une morale fondée sur des principes universels abstraits, mais sur des relations concrètes.
On le sait, l’éducation ne se limite pas à la transmission des savoirs, elle repose aussi sur la qualité des relations entre enseignant·es et élèves. L’approche du care met en avant l’importance de l’attention, de l’écoute et du soutien dans les apprentissages.
Coopération plutôt que compétition
L’élève n’est pas un simple « récepteur » de connaissances, mais une personne avec des émotions, des besoins et des vulnérabilités. Être un·e enseignant·e qui « prend soin » ne signifie pas être trop indulgent·e ou ne pas poser de cadre, mais plutôt adopter une posture bienveillante et empathique.
Le cadre est posé pour les élèves, cependant toute personne mérite d’être abordée avec bienveillance et empathie.
Voici quelques principes du care en classe :
• Reconnaitre et comprendre les émotions des élèves, par exemple en adoptant une posture d’écoute active.
• Valoriser la coopération plutôt que la compétition en évitant les comparaisons blessantes.
• Offrir un cadre sécurisant et bienveillant et notamment encourager l’autonomie et la prise de décision.
L’idée étant de mettre en place un climat de confiance et de bienveillance qui favorise une meilleure motivation et une meilleure implication des élèves.
Développer ses compétences et sa confiance en soi
En ajoutant une pointe de psychologie positive 1, on s’intéresse également à l’épanouissement personnel. Elle s’appuie notamment sur les émotions positives qui cultivent la gratitude, la joie, l’optimisme en donnant du sens à ce qu’on fait. Le but étant de développer ses compétences et sa confiance en soi.
En classe, l’attitude de « psychologie positive » valorise les réussites, encourage la gratitude et l’optimisme et développe la motivation.
Les deux approchent sont en lien et complémentaires. Le care met l’accent sur la relation aux autres, alors que la psychologie positive valorise aussi le bien-être individuel. Mais les deux favorisent un climat bienveillant. En intégrant l’éthique du care et des outils de psychologie positive, on aide les élèves à se sentir en confiance, soutenu·es et capables de progresser.
Pour résumer, le care se concentre sur la solidarité et l’attention aux autres, tandis que la psychologie positive aide à cultiver le bien-être individuel et collectif. Ensemble, ils permettent de créer un environnement d’apprentissage plus épanouissant.
Je souhaite à chacun·e de pouvoir mettre en pratique ces notions théoriques positives !
Voici un petit défi à relever avec les élèves mais pour soi-même aussi :
Encourager les élèves à poser des actions positives et surtout, à les reconnaitre chez les autres.
Décodage : le care favorise la reconnaissance des autres et la psychologie positive renforce la gratitude. Pas si facile à mettre en œuvre …
Prenez soin de vous et portez-vous bien.
Sylvia Despont, présidente SEfFB
1 Voir aussi Educateur 4/2021, Psychologie positive et bien-être à l’école