SEfFB: Où va l’école ?

Si j’avais une baguette magique, qu’est-ce que je changerais à l’école ? Martin Schäfer a répondu à cette question dans l’Educateur du mois d’octobre d  ernier. J’ai tenté d’y répondre moi-même et j’ai posé la question à différentes personnes de mon entourage. J’ai aussi demandé cette réflexion à mes élèves de 7H.

Voici quelques idées et événements qui motivent ma réponse :

Comme vous le savez, Formation Berne (FB) est un syndicat bilingue, et la minorité romande y est peu représentée ! Ceci pour expliquer ma référence au document trimestriel de notre association professionnelle, Eigentlich müsste Schule doch Freude machen de Daniel Hunziker, que je traduirais par « À vrai dire, l’école devrait être un endroit plaisant ». Le livre thématise les besoins de l’école afin que les enseignant·es y travaillent volontiers et que les parents disent que leurs enfants ont du plaisir à apprendre à l’école.

Ce qui m’a interpellée, c’est le titre en lui-même. Le plaisir, qu’il soit à l’école ou ailleurs. 

Lors de la Journée des enseignant·es germanophones, Berner Bildungstag BBT, de FB, du 20 novembre dernier, Mahsa Amoudashi a parlé notamment de la force de persuasion. Selon elle, les arguments factuels ne font que renforcer les décisions intuitives, et surtout, c’est l’enthousiasme personnel qui convainc le plus. Elle a également parlé des cinq piliers de la reconnaissance : le respect, la tolérance, l’empathie, l’amabilité et la politesse. Ces valeurs sont non seulement essentielles à l’école, mais également au quotidien en général. Et comme elle le dit très justement, le temps de travail est aussi du temps de vie. Voici qu’on retourne au thème du livre de Daniel Hunziker : en principe, l’école devrait être un endroit joyeux où l’énergie positive permet de s’emparer des tâches à réaliser ! Au BBT du 20 novembre, le professeur Dr Olaf-Axel Burow, promoteur notamment de la psychologie positive, parle également de passion. Sois visionnaire ! Sois passionné·e ! Vas-y, tout simplement ! Il a parlé des possibles développements et des visions de l’école dans les domaines de la digitalisation, de l’éducation et de la stimulation de la créativité. Il a écrit plusieurs ouvrages qui traitent de ces thèmes que vous pouvez retrouver sur www.olaf-axel-
burow.de. Ici aussi, le message principal est fondamentalement encourageant.

Vous l’aurez compris, tout commence avec l’enthousiasme. Et là, on rejoint l’idée de plaisir au travail, au temps de vie et tout simplement aux activités qu’on entreprend. Pour couronner l’inspiration des référent·es du BBT, Sabin Rüegg, chargée de cours à IWD et responsable de l’atelier d’idées de Schönguet, a demandé aux participant·es de dessiner de la main gauche le portrait de leur voisin·e sur des Post-it à disposition.

En préparant ce billet, j’ai reconsidéré les notes que j’avais prises lors du BBT sur les Post-it mis à disposition pour l’activité de dessin. 

Elles m’ont permis de revenir sur cette journée, notamment, et d’analyser ce que j’aimerais faire avec ma baguette magique. Rester passioné·e et éprouver du plaisir à ce qu’on fait. Cette affirmation prend d’autant plus de valeur lorsque l’enthousiasme a pris la clé des champs pour quelque temps !

Imaginons que la phrase « L’enseignement, c’est le plus beau métier du monde ! » soit une réalité vécue par tous·tes les membres de la communauté éducative !

Dans cet ordre d’idée, je vous souhaite une nouvelle année scolaire enthousiasmante et motivante, et, par conséquent, une excellente année sur le plan personnel, puisque les deux choses sont intimement liées. Je me réjouis de vous retrouver lors de notre Journée des enseignant·es le 2 juin prochain à Tramelan. J’espère sincèrement qu’elle sera aussi inspirante pour vous que l’a été pour moi le Berner Bildungstag.  

En vrac, quelques vœux d’élèves de 7H. Vous pouvez juger de la discrépance des visions !

Élève 1 : J’aimerais que chaque élève ait sa propre salle et ses propres évaluations sur des écrans. Il faut apprendre aux gens, surtout aux garçons, à t’écouter.

Élève 2 : Je n’aimerais plus avoir ni évaluations ni notes et j’aimerais des pauses plus longues.

Élève 3 : J’aimerais avoir des leçons de musique tous les jours et moins de devoirs. J’aimerais que les élèves soient plus sages pour qu’il y ait moins d’enseignant·es qui détestent leur travail ! 

Élève 4 : Je changerais l’aula en piscine et la moitié des cours seraient des leçons de gym. Et on aurait des pauses d’une heure. Chaque élève aurait son propre banc. La cour de récréation serait un parc d’attractions et il y aurait des murs d’escalade. Je pourrais venir à l’école à l’heure qui me plait.

Élève 5 : On apprendrait à coder des jeux vidéo et on aurait des chaises de gaming. Il y aurait des tunnels pour aller à tous les parcs d’attractions du monde.

Élève 6 : Je changerais l’horaire, parce que commencer l’école alors que normalement, à cette heure, je devrais dormir, c’est assez dur. Je changerais les chaises en fauteuils pour que ce soit plus confortable. J’agrandirais les classes pour avoir plus de place et chaque élève aurait son propre banc.

Élève 7 : Tous les jours il y a trois leçons de gym et la cour de récréation est beaucoup plus grande. La salle de classe est plus grande et on peut se déplacer. On pourrait manger en classe et avoir son téléphone. Les enseignant·es ne mettent pas de notes insuffisantes. •

Sylvia Despont, présidente du SEfFB