Nous évoquions dans le dernier numéro les élections cantonales. La répartition des départements a eu lieu. Le SFP et le SEN sont à nouveau réunis et c’est Raphaël Ciocchi qui en est le ministre de tutelle.
Le SFP a plusieurs dossiers qui devraient avancer durant l’année en cours. Le premier est le cahier des charges du corps enseignant. Ce jalon, discuté depuis de nombreuses années, est toujours en attente de validation. Sa définition devrait permettre de réaliser ensuite le même travail de cadrage qui avait été réalisé il y a une dizaine d’années au SEN, en unifiant les pratiques et les reconnaissances de titres.
Du côté du SEN, la nouvelle grille horaire sera déployée à la prochaine rentrée au secondaire I. Elle aura son lot de défis avec la mise en place des options secondaires en 10 et 11S et la redéfinition de pratiques. Immanquablement, des ajustements seront nécessaires. Il sera important de communiquer les champs de frictions ou de tensions pour ensuite proposer des amendements. La grille horaire de 1993 a évolué dans la durée. La nouvelle devra donc faire l’objet de la même attention.
L’orientation à l’école secondaire sera revue dès la prochaine année scolaire en 8P. La définition d’une procédure codifiée qui assurera une équité entre élèves et classes sera un vrai défi. Le partage d’une vision commune de l’évaluation entre équipes pédagogiques sera une première étape qui demandera un grand investissement collaboratif pour assurer l’équité et le respect de la déontologie professionnelle.
La charge administrative des classes ne fait qu’augmenter sans pour autant que la responsabilité de la gestion soit valorisée. Pour rappel, la fonction d’enseignant·e primaire n’est au bénéfice d’aucun point pour la collaboration dans la grille critériée de l’évaluation des fonctions du canton du Jura. Cet élément sera donc à questionner. Quel avantage aujourd’hui à revendiquer d’être responsable d’une classe ?
L’accueil de Moutier est officiel. Le système scolaire jurassien attendra toutefois le 1er aout 2026 pour entrer en vigueur. Cela correspond à la mise en place de la nouvelle grille horaire au secondaire I et à l’introduction d’une nouvelle procédure d’orientation en 8P. Si les pratiques sont uniformisées pour accueillir au mieux élèves et collègues de Moutier, il sera également judicieux de questionner les conditions de travail abandonnées par ceux-ci. Chaque titulaire d’une classe bernoise est au bénéfice d’une décharge horaire de 5 % et d’une prime mensuelle de 300 francs. Cette valorisation du travail gris effectué par un·e collègue permet de valoriser la coordination d’une classe, sa gestion administrative, les relations internes et externes, ainsi que le suivi des mesures de pédagogie spécialisée. De ce fait, le SEJ entend demander l’ouverture de négociation pour faire reconnaitre la particularité des titulaires de classe et la valoriser.
L’ordonnance sur la direction des écoles obligatoires a été publiée dans le Journal officiel du 11 décembre. Son application au 1er aout formalise de nouvelles conditions, notamment le calcul des décharges. Les directions et vice-directions sont reconnues dans leur qualité de supérieures hiérarchiques. Elles seront les seules à pouvoir mener les entretiens de développement et d’évaluation. Les membres de direction seront déchargé·es pour des tâches particulières, sans valorisation financière et sans responsabilité hiérarchique.
L’ordonnance provisoire concernant l’allègement pour raison d’âge du personnel enseignant court jusqu’au
31 juillet prochain. Le SEJ, par son ancien secrétaire général Rémy Meury, avait recouru devant la Cour constitutionnelle et fait reconnaitre en 2023 une inégalité de traitement de la pratique antérieure.
Notre système scolaire aura à relever de nombreux défis, mais subira également un certain nombre d’ajustements structurels. En tant que partenaire institutionnel, le SEJ défendra les intérêts de ses membres et de leurs élèves.
Christophe Girardin, secrétaire général du SEJ
