Qui dit nouvelle année dit nouvelles résolutions ! Dans le domaine de l’éducation, c’est donc l’occasion de revenir sur l’année écoulée et de formuler quelques objectifs concrets et non négociables pour promouvoir une éducation de qualité sur le long terme.
1. Garantir un accès à l’éducation pour toutes et tous
En 2025, on dénombrait plus de 270 millions d’enfants non scolarisé·es (Global Partnership for Education). Ce chiffre reflète notre difficile réalité, marquée par les conflits, les barrières économiques et les pressions climatiques. Pourtant, garantir le droit inconditionnel à l’éducation (DUDH, 1948) est le remède à de nombreux maux, comme la pauvreté, et permet de créer une société plus juste. Un fait qui n’est pas nouveau. Au-delà de la scolarisation, il s’agit aussi de garantir une véritable inclusion au sein des écoles afin que chaque enfant, quels que soient son milieu social, son genre ou ses besoins particuliers, ait accès à une éducation de qualité. Cet engagement constitue donc le pilier de tout le système éducatif.
2. Promouvoir la littératie numérique et les compétences transversales dès le plus jeune âge
Certaines méthodes d’enseignement héritées du passé sont devenues obsolètes et ne répondent plus aux exigences de notre ère numérique. Il convient désormais de former à la littératie numérique, c’est-à-dire d’apprendre à comprendre, à questionner et à utiliser les technologies existantes. Dans ce secteur, l’intelligence artificielle transforme déjà les modes d’apprentissage, mais elle impose aussi ses biais et ses limites. Face à elle, les enseignant·es sont au cœur du changement, car, comme le rappelle l’UNESCO, teachers cannot be coded (2025). Ce sont elles et eux qui donnent vie à l’éducation, qui façonnent l’esprit critique et qui transmettent la curiosité du monde. La technologie doit soutenir l’humain et non le remplacer.
3. Renforcer la formation et le bien-être des enseignant·es
D’après les estimations à l’échelle internationale, le monde aura besoin de 44 millions d’enseignant·es en plus d’ici 2030 (International Task Force on Teachers for Education 2030, 2025). Une raison supplémentaire de miser sur la formation et le soutien du corps enseignant pour garantir la qualité du système éducatif. Cela implique de valoriser leur métier, de favoriser et de proposer une formation continue en adéquation avec les besoins du terrain ou encore de promouvoir davantage l’accès des femmes à des postes à responsabilité. Dans des écoles où les enseignant·es se sentent écouté·es et respecté·es, l’apprentissage et, par extension, l’élève, s’épanouissent (éducation21, 2024).
4. Financer l’éducation
Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir. Pourtant, les dépenses publiques consacrées à l’enseignement sont insuffisantes pour faire face à la crise actuelle. Le sous-financement et la répartition inégale des ressources mettent à mal la réalisation d’une éducation de qualité pour tous·tes (ODD 4). Garantir des infrastructures solides, des salaires décents et des conditions d’apprentissage adéquates nécessite un véritable changement de paradigme. Le financement de l’éducation n’est pas un luxe, mais un levier stratégique, économique et moral (UNDESA, 2025).
5. Coconstruire une école durable
L’école durable ne verra le jour que lorsque tous les acteurs de l’éducation se rallieront à l’ambition commune de former de jeunes citoyen·nes aptes à vivre dans le monde de demain et à respecter les limites de la planète (éducation21, 2021). L’éducation doit activement contribuer à cette transition écologique en intégrant les principes de durabilité aux programmes scolaires, aux infrastructures et aux comportements quotidiens. Cette école cultivera aussi les dimensions sociales et émotionnelles de l’apprentissage, elle deviendra alors un lieu d’émancipation citoyenne, un espace où l’on apprendra à imaginer, à construire et à habiter un monde plus juste et respectueux de l’environnement (UNESCO, 2025).
Ces cinq résolutions ne sont pas de simples bonnes intentions qui s’estomperont au cours des mois, mais un fil conducteur pour agir en faveur de l’éducation. Elles ne prétendent pas être révolutionnaires, mais rappellent que l’éducation est à la fois un bien commun et un droit fondamental, et qu’il nous incombe à toutes et tous de nous y engager durablement. Cette réflexion prend tout son sens à l’approche du 24 janvier 2026, date à laquelle est célébrée la Journée internationale de l’éducation.
Placée cette année sous le thème « Le pouvoir de la jeunesse dans la co-création de l’éducation » (UNESCO, 2026), elle invite à impliquer les élèves et les jeunes dans la cocréation de l’éducation pour mieux répondre à leurs aspirations et à leurs ambitions. •
Arlinda Ramqaj
